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Cheveux : les silicones c’est so 2013, fuyons les quats

7 mai 2014

De retour d’un super week-end prolongé à Trouville où j’ai totalement déconnecté, j’ai fait mon petit tour des blogs et je suis tombée sur cet article de Charlène très éclairant sur les silicones, l’eau micellaire et les baumes à lèvres.

Si en 2011 je disais déjà sur le blog qu’une eau micellaire ça se rince, c’est au sujet des silicones dans les produits pour cheveux que j’ai appris quelque chose grâce à cet article.

En fait, c’est comme les parabens. Certains consommateurs les ont bannis de leurs produits, d’autres préfèrent attendre que de nouveaux tests soient réalisés sur les alternatives avant de choisir. Pour les silicones, c’est pareil. Déclaré ennemi numéro 1 des cheveux pour leurs côtés occlusifs, les silicones font le cheveu doux et brillant mais l’étouffent complètement et empêchent même les actifs d’y pénétrer. Résultat, les marques ont bien été obligées de sortir des versions « sans silicones » de leurs produits puisque les consommateurs ont commencé à les traquer. La mention est donc venue rejoindre tout naturellement le « sans parabens » à gros coup de marketing.

Sauf que voilà, les petits coquins, ils mettent autre chose à la place. Ce dont on pouvait se douter. Maintenant, les méchants, ce sont les quats. Les quoi ? tu vas me dire…

«Les silicones sont remplacés par d’autres agents occlusifs, que l’on appelle les ammoniums quaternaires, ou quats. Les ammoniums quaternaires et les agents occlusifs n’ont pas tous le même pouvoir filmogène. Certains sont aussi gras et susceptibles de s’accumuler que le silicone, et non solubles dans l’eau tandis que d’autres sont solubles dans l’eau et donc faciles à éliminer», explique Mini dans son article super complet dont je vous recommande la lecture.

Ne cherchez pas « quats » dans les ingrédients de votre produit cheveu préféré. Ce serait trop facile. Si les silicones se repèrent par leur suffixe en « -cone » et « -xane », les quats se repèrent quant à eux avec leur suffixe en « -monium ». En particulier « -trimonium chloride ou -trimonium methosulfate » précise Mini. 

Autre chose concernant ces quats: ils sont très polluants. Autant par leur procédé d’obtention que lorsqu’ils sont rejetés en milieu aquatique. Et last but not least, ils sont irritants. Vous ne retrouverez donc pas de quats dans des produits pour la peau par exemple (alors que les silicones, oui).

Qu’en est-il de mes produits ?

Après avoir lu l’article et fait quelques recherches, j’ai donc examiné mes produits pour cheveux du moment tous brandés sans silicones, naturels, blablabla-greenwashing-blablabla et j’ai bien entendu déchanté.

Mes produits cheveu du moment

Quelques-uns des produits que j’utilise pour le moment

J’utilise pour le moment, en alternance : shampoing et après-shampoing Korres, après-shampoing et spray coiffant/texturisant Klorane, après-shampoing Karmameju acheté en soldes 5€ à Anvers mais qui en valait 30, shampoing et soin coiffant Leonor Greyl, eau de rinçage au vinaigre de framboise Yves Rocher, shampoing Cattier. Bref, beaucoup de produits qui ne sont pas donnés.

Après examination des étiquettes, j’ai un doute pour les produits Leonor Greyl puisque j’ai jeté les boîtes où étaient inscrits les ingrédients et n’ait pas pu retrouver de composition complète en ligne. Mais j’ai trouvé la composition de leur shampoing au bambou qui en contient donc c’est mal parti…

Pour les autres, j’ai retrouvé guar hydroxypropyltrimonium chloride (à tes souhaits) chez Korres (en milieu de liste), le même sur l’après-shampoing Klorane accompagné de cetrimonium chloride en début de liste,  distearoylethyl dimonium chloride et guar hydroxypropyltrimonium chloride pour l’après-shampoing Karmameju en début de liste et même palmitamidopropyltrimonium et cetrimonium chloride dans la courte liste des ingrédients de l’eau de rinçage Yves Rocher. Si je précise où se trouve l’ingrédient dans la liste, c’est parce que ceux-ci sont triés par ordre d’importance de quantité dans la composition. S’il y a « aqua » en premier c’est que votre produit est essentiellement composé de flotte. Si vous achetez un gel douche au lait d’ânesse où le-dit lait est en fin de liste (ils ajoutent parfois même un pourcentage qui est quasi toujours ridicule), ça veut dire que votre gel douche au lait d’ânesse n’en contient finalement que très peu. Donc si les silicones ou les quats sont en début de liste, c’est qu’il y en a un paquet. J’ai déjà vu des produits où les silicones étaient en deuxième position (toujours après l’eau ^^).

Tous les produits en « -monium » n’ont pas forcément le même effet que les silicones puisque certains sont solubles dans l’eau. Mais ça ne les rend pas clean pour autant. L’article de Mini cité plus haut l’explique bien. Prenons le cetrimonium chloride. Celui-ci créée des couches qui vont se cumuler, comme le  font les silicones. Alors que le guar hydroxypropyltrimonium chloride présent dans mes produits Korres et Karmameju (et des produits qui se disent naturels) est bien soluble dans l’eau mais doit être couplé d’un tensioactif anionique pour que l’effet occlusif soit annulé: le sodium lauryl sulfate (SLS). L’un des tensio-actifs les plus irritants et que mon cuir chevelu ne tolère pas très bien… Le serpent qui se mord la queue quoi. Dernière remarque: Ecocert certifie des produits qui contiennent ce fameux guar hydroxypropyltrimonium chloride alors qu’ils ne sont pas totalement biodégradables et que d’autres labels bio ne l’autorisent pas.

Donc voilà… Il n’y a que le spray coiffant/texturisant Klorane et le shampoing Cattier qui n’ont ni silicone ni quats parmi tous mes produits brandés « sans silicones ». Et cela me met vraiment en colère. Quand on commence à scruter toutes les étiquettes pour connaître l’origine et la composition de ses vêtements, de sa nourriture et de ses cosmétiques, il devient très difficile d’acheter quelque chose qui respecte tous nos critères. Et ce n’est pas le label « bio » qui va toujours nous aider.

Scruter les étiquettes, comprendre la composition et les labels

Etiquettes de mes produits cheveux

J’ai récemment acheté un t-shirt en coton bio « dessiné en France, made in Bengladesh » Mango a désormais le label « Made in Green » qui est plus sévère en matière de développement durable, respect de l’environnement, de la santé et de l’homme. C’est-à-dire des vêtements sans produits toxiques, fabriqués dans des usines qui respectent l’environnement et ayant des normes sociales strictes. Mais ça ne veut pas dire que ces produits sont issus du commerce équitable et comme le label ne concerne pas les matières premières, pas de coton bio, de fibres recyclées, etc. C’est un pas en avant, certes, car l’entièreté de la production de Mango a ce label. Pas comme d’autres marques qui ne font des efforts que pour certaines collections (tu vois certainement de qui je parle). J’apprécie beaucoup cette démarche et je me dirige plutôt vers cette enseigne pour mes achats de fast fashion.

Mais là où je veux en venir, c’est qu’il faut se renseigner. Décrypter le label. La composition. Connaître les ingrédients dont il vaut mieux se méfier et être à jour concernant ceux-ci, se renseigner sur les alternatives aux ennemis très connus qui ne sont pas forcément mieux. C’est épuisant, en fait. De toujours être méfiant, sur le qui-vive.

Moi, dans cette histoire, je me sens totalement flouée. Je pense que la solution la plus simple et économique c’est de fabriquer ses produits cheveux soi-même, finalement. Mais j’aime me rendre en boutique pour acheter de nouveaux produits, découvrir de nouvelles marques. J’aime lire les blogs beauté et commander en ligne le produit introuvable en Belgique qui est pourtant si génial…

Tu les connaissais les quats, toi ? Tu fais attention à la compo de tes produits pour cheveux ?